Le rêve d’une île restée sauvage : Nusa Penida

Le rêve d’une île restée sauvage : Nusa Penida

Voyager jusqu’à Nusa Penida…

7h30, les paupières sont encore lourdes quand le réveil se déclenche. Il fait déjà chaud dans cette chambre aux rideaux ocres. La climatisation est pourtant sur 26°C, mais le soleil, déjà haut dans ce ciel azur, tape sur la baie vitrée qui donne sur la terrasse. « Angels, The XX » en fond accompagne une série d’étirements qui constitue une étape cruciale avant de sortir du lit. A peine le temps de prendre une douche et d’avaler un café que je suis déjà en retard. L’éternelle question du temps qui passe. Bien trop vite à mon goût, surtout le matin. Il est 8h30 passé à ma montre quand je tourne la clé dans ce scooter Honda modèle Vario. A ce même instant, des millions d’asiatiques démarrent leurs deux roues motorisées. Le scooter, une institution.

A ne pas s’y méprendre, les « speed-boat » indonésiens sont ponctuels. Malgré une conduite musclée sur la route qui mène à Sanur Beach, le premier bateau pour Nusa Penida est déjà parti. Il me faut attendre 1 heure avant le prochain. Mais le verbe « attendre » est peut être mal employé dans ce contexte. Il ne s’agit pas d’attendre comme on attend un bus dans le froid, ou bien un RER trop large pour rentrer en gare SNCF. Il s’agit là d’une toute autre attente. Patienter en regardant Bali se réveiller, assis sur ce muret séparant la digue de la plage. Au loin, des enfants munis d’une vieille planche de surf, domptent les vaguelettes s’échouant entre les nombreuses vedettes amarrées.

Les échoppes bordant l’océan s’activent déjà. Les fumées qui s’en échappent stimulent mes narines connectées à un estomac encore affamé après un petit-déjeuner plutôt frugal. Des vendeurs de couteaux abordent les quelques touristes sur le départ. D’ailleurs, pourquoi vouloir vendre des couteaux dans un endroit pareil ? Ce décalage entre la douceur de cette matinée de mai et ces lames aiguisées est amusant. Comme une mise en garde avant la découverte de cette île réputée sauvage : Nusa Penida.

Le début du rêve…

Changement d’ambiance. A seulement 45 minutes de Bali, c’est une île majestueuse qui se profile à travers le hublot. Pas de brume comme dans les films. Les rayons du soleil transpercent cette eau turquoise, la rendant davantage translucide, irréelle. Nous débarquons directement sur la plage, claquette à la main et appareil photo au poing. Ne rien rater, les yeux grands ouverts devant tant de beauté. La jetée du port a visiblement connu les outrages salés des années, accentuant cette première impression : une île hors du temps.

Un sentiment de liberté…

Ceci ne constitue en rien un acte de délation en disant que personne, ô grand personne, ne porte de casque à Nusa Penida. Le laxisme des autorités indonésiennes en matière de sécurité routière accentue ce sentiment de liberté, cheveux au vent, mains sur le guidon. Pas d’excès de vitesse sur ces routes cahoteuses, telle une peau goudronnée pleine de trous ayant connu une puberté difficile. La nature a repris ses droits sur Penida…

“Can we play with you guys?”

Ils sont une vingtaine en cette fin d’après-midi, à jouer sur cette plage de Crystal Bay. Deux bouts de bois forment les buts à défendre. La partie est engagée. Nusa Penida prend des airs de Copa Cabana, l’espace d’un instant.

Trempé. Même avec un soleil sur le déclin, la moindre activité physique sous les tropiques ne pardonne pas. Une bonne partie des 65% d’eau qu’un corps adulte contient s’est déversée sur cette plage, comme on verse du sang lors d’un combat. La bataille a été sportive. Personne n’a compté les points, la victoire était ailleurs, bien plus fort qu’un 3-0, une vraie expérience conclut par des accolades, les corps en sueur sablés à souhait.

Une île de beauté…

Couvres-toi ou tu vas attraper froid ! Cet avertissement est bien obsolète à Nusa Penida. Ce soir, comme tous les soirs, l’air est doux. Avec la vitesse, le vent s’infiltre sous mon T-shirt encore plein de sueur. J’accélère légèrement afin de sentir davantage ce souffle marin sur la figure. Crystal Bay est déjà loin derrière. Les derniers rayons de soleil illuminent encore les quelques cabanes de pécheurs bordant la baie. D’un coup, une impression de déjà-vu. Une odeur forte s’engouffre dans mes narines. Un flashback. La Bretagne, sa beauté… Les algues. Devant moi, une fois passé la plage, des cultures s’étendent à perte de vue. Quelques algoculteurs iliens s’activent encore, les pieds dans l’eau, entourés des paniers en osier contenant leurs récoltes. Un travail minutieux, le dos courbé, sélectionnant et cueillant ces êtres vivants, rois de la photosynthèse. Pourquoi tant de labeur me direz-vous ? Une fois séchées, toutes ces algues seront transformées en cosmétiques afin de vous rendre plus beau, plus jeune, plus attirant. Sans le savoir, vous étalez peut-être un peu de Nusa Penida sur votre belle peau chaque matin avant de vous rendre au travail. En attendant, au loin, lui n’a pas pris une ride. Puissant, majestueux, calme, le mont Agung se dresse, perçant les nuages. Comme un éternel veillant sur cette île de beauté.

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