Les palais royaux d’Abomey : Patrimoine de l’UNESCO

Les palais royaux d’Abomey : Patrimoine de l’UNESCO

Difficile d’évoquer l’histoire du Bénin sans évoquer celle du danxomɛ et de ses souverains dont le royaume impressionnait non seulement toute la côte ouest africaine mais aussi les Européens de cette époque comme il impacte encore très fortement le Bénin de nos jours.

Le danxomɛ

Il fut l’un des plus influents royaumes à partir de 1600 après le déclin des royaumes ashanti à l’ouest (actuel Ghana) et d’Oyo à l’est (actuel Nigeria) et avait pour capitale agbomɛ. Pendant trois cents ans, ce royaume monta en puissance à travers des conquêtes militaires au rythme d’une chaque année.

Le danxomɛ était l’un des royaumes les plus organisés de son époque sur le plan social, administratif, foncier, économique, militaire. Il a fallu plusieurs années de préparation pour une conquête militaire et deux années de guerre sur le terrain avant que la France de Sadi Carnot, aidée par des Sénégalais, Gabonais, Peuls, Haoussa… ne parvienne à bout des troupes du danxomɛ. Ce fut la fameuse guerre de résistance du roi gbɛhanzin de 1892-1894.

Depuis décembre 1986, le site des palais royaux d’Abomey est classé patrimoine mondial de l’UNESCO. Ceci témoigne de la part importante que tient encore la capitale de l’ancien royaume dans l’histoire de l’actuel Bénin.

Une visite riche et intéressante

Le musée historique d’Abomey ouvre ses portes tous les jours de la semaine. C’est le plus ancien et le plus visité de tout le pays. Il est constitué de deux palais administratifs sur les dix qui existent. En 1944, l’administration coloniale française fit des palais de Glèlè (1858-1889) et de son père Guézo (1818-1858)  un musée d’histoire. C’est une petite introduction sur l’histoire du danxomɛ et de ses souverains car on ne peut explorer trois cents ans d’histoire en quelques heures. Beaucoup d’objets sacrés et royaux sont exposés dans des salles : asin (autels portatifs qui représentent les esprits des rois défunts), des trônes, des parures et autres attributs royaux, des armes de guerre, des outils agricoles, divers objets témoignant de l’art de la cour royale, des bas-reliefs, des photos, gravures, dessins…et également une salle spéciale est dédiée au vodun, la religion d’état.

La grande cour qui constitue actuellement le village artisanal vous donne une idée de ce que c’était l’art de la cour royale. Ce qui est plus impressionnant ici, c’est beaucoup plus l’histoire contée que les vestiges ou le cadre dans lequel ils le sont exposés. Nul ne peut ressortir indifférent de cette visite. On y ressent une impression toute particulière. C’est un véritable voyage à travers le temps grâce à l’architecture, les couleurs, l’esprit qui enveloppe encore ce site.

Abomey offre plus que le musée d’histoire

La plupart des touristes ne visitent souvent que le musée d’histoire d’Abomey qui n’est qu’une petite partie des palais royaux (moins de 5ha sur la cinquantaine existant rien qu’à Abomey). Mais il y a le palais administratif du roi gbɛhanzin (1989-1894) qui est aussi ouvert au public.

Mis à part ces deux sites classiques, la cité historique présente d’innombrables atouts touristiques.

Le TdT vous guide hors des sentiers battus avec des tours de ville à pied, à moto ou à vélo pour visiter les autres palais administratifs qui sont à l’intérieur d’un fossé long de 10km de périmètre avec 10 portes d’entrées. Certains pans de ce fossé sont encore visibles de nos jours. Les palais privés sont, quant à eux, à l’extérieur du fossé. Chaque palais (administratif ou privé, en ruine ou non) est un maillon de la chaine d’histoire vieille de trois cent ans ou plus. certes, il n’y pas d’objets exposés comme au musée mais le Tour de Théo vous tient en haleine pendant des heures de visite en vous racontant l’histoire liée au roi auquel appartient le palais et fait revivre à travers des anecdotes chaque coin et recoin des lieux.

Et si on en parlait aussi ?

Sur les armoiries des rois, il n’y a que 12 souverains évoqués alors qu’ils sont 14. Deux règnes restent encore tabous pour beaucoup. Ce sont ceux de Tassi Hangbé (1708-1711) et Adandozan (1797-1818). Oui, une femme a régné sur le trône du danxomɛ pendant trois années. C’est d’ailleurs elle qui créa le fameux corps des agoojie, les amazones. Adandozan, quant à lui, fut un roi trop en avance sur son époque. Il s’opposa aux conquêtes militaires, proposa une révolution agraire en lieu et place des ventes d’esclaves. Il devint hostile aux négriers et alla jusqu’à emprisonner le fameux Chacha de Souza qui détenait le monopole de vente d’esclaves à Ouidah. Le TdT vous raconte sans tabou ces deux règnes, 24 années d’histoire occultées pendant trop longtemps.

Quelques circuits thématiques à Abomey

Raconte-moi le danxomɛ : de Sado à Dahè, Dédomè, Dékanmè, Allada, Kana, Bohicon puis fondation du royaume chez les Guédévi. Les différentes intrigues entre les successions des 14 souverains sont passionnantes. La résistance à la conquête militaire française marqua le début de la colonisation de l’actuel Bénin. Comment est-on passé de danxomɛ à Dahomey, République Populaire du Bénin puis à République du Bénin ? Le Tour de Théo vous invite à la découverte de raconte-moi le danxomɛ

Agoojie : rebaptisées amazones par les Français, elles font un pacte de sang avec le pouvoir. Qui sont ces terribles femmes ? Comment ont-elles été constituées, formées ? Quel était leur rôle ? Elles n’ont rien d’un mythe mais tout d’une réalité. Leur histoire est une leçon d’émancipation et nous démontre que cette société patriarcale dont on parle trop souvent est beaucoup plus superficielle qu’on le pense. agoojie en est la preuve

Les hauts et bas-reliefs : inventés pour orner les murs des palais mais aussi pour raconter les exploits des rois, ce sont de véritables chefs-d’œuvre qui témoignent de l’ingéniosité des artistes. La technique a évolué dans le temps et aujourd’hui Abomey regorge  d’une kyrielle de ces œuvres que vous pouvez contempler lors d’un tour de ville

Le vodun : nous avons travaillé des années durant pour vous proposer un outil pédagogique afin de vous expliquer en quoi consiste la pratique du vodun. A travers six sites et de manière graduelle, nous vous racontons la genèse, expliquons le panthéon, les couleurs, les autels, temples, les attributs…comment le vodun épouse la vie de tous les jours de ceux qui le pratiquent. Le danxomɛ en a fait une institution, la religion d’état. Ici on ne commande pas une cérémonie quelle que soit la devise que vous proposez. Mais si on a la chance d’en avoir lors de votre passage chez nous, nous vous amenons, volontiers. Envie d’en savoir plus sur le vodun ? Vous ne pouvez mieux tomber. Essayer et après vous pouvez comparer

La décolonisation : à travers la belle architecture des bâtiments coloniaux, le TdT nous amène pas après pas sur la dure réalité de la colonisation. L’objectif n’est pas de réveiller des fantômes, de jeter le tort à qui que ce soit mais d’informer pour mieux comprendre. Ce circuit se fait uniquement à pied

La résistance : le roi du danxomɛ dont on entend parler le plus est gbɛhanzin (1989-1894). Quelle est la signification de son nom de trône ? Sous son statut de « héros national » se cache aussi un roi particulier dont l’histoire mérite d’être mieux connue. C’est ce contraste du règne le plus court du danxomɛ au roi le mieux connu dans le monde que nous évoquerons sur les sites prévus à cet effet.

L’art de la cour royale : les rois du danxomɛ n’ont pas été que des conquérants obsédés d’élargir leur royaume. Ils furent aussi des bâtisseurs. Certains corps de métier ont été négociés, d’autres ramenés des butins de guerre. C’est le cas du tissage, de la teinture. Nous vous proposons un petit tour de ces métiers, souvent transmis de père en fils jusqu’à nos jours.

Les danses font aussi partie de l’art de la cour royale. Un conservatoire de danses royales, à la demande, vous exécute des pas de danse royale comme il est encore de coutume lors des cérémonies à Abomey

La route des esclaves : longue de 120km, elle commence à Abomey et finit quelques kilomètres avant Ouidah. D’où viennent les esclaves ? Comment devient-on esclave et pourquoi ? Plusieurs sites à Abomey, témoins d’un passé pas tout à fait mort, nous expliquent le processus de captifs de guerre à esclaves et les différentes catégories d’esclaves qu’il y avait dans le temps

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