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Que faire, que voir au Tibet ?

8 expériences à vivre au Tibet

1. Monter à bord du train le plus haut du monde
Pour aller au Tibet, vous pouvez prendre la route, l’avion ou le train. Même si le trajet est très long (44 heures depuis Chengdu, ou 48 depuis Pékin, soit deux jours dans une « chambre roulante »), nous vous conseillons de choisir la 3ème option car on vit le temps différemment et le dépaysement est garanti. Rassurez-vous, la classe « soft sleeper » vous assure un maximum de confort pour vous sentir à l’aise durant le trajet, avec dans chaque cabine une réserve d’oxygène à disposition en cas de besoin.

Mais comment s’occuper jusqu’à votre arrivée à Lhassa, nous direz-vous ? Nous avons varié les plaisirs selon les moments et les envies de la journée. On peut bien sûr se contenter d’admirer les immenses steppes arides où paissent paisiblement des troupeaux de yacks qui défilent par la vitre tout en bouquinant, mais nous aimons aussi observer les gens patientant dans le couloir, rempli de strapontins. Une dame reste assise à contempler l’extérieur, un thermos de thé vert à la main, un papi fait sa vie en pyjama, des enfants jouent à faire la course entre les cabines, quelques-uns font des exercices pour s’étirer, d’autres encore grillent une cigarette entre deux wagons. Si vous avez faim, des vendeurs ambulants vous proposeront toutes sortes de mets, et même des lunettes de soleil entre deux pattes de poulet ! Vous pouvez aussi opter pour le très chic wagon restaurant où des chefs en toque vous concocteront de succulents plats. Enfin un brin de causette avec vos voisins ou une sieste et vous serez en gare de Lhassa plus vite que vous ne le pensez.

2. Visiter le Palais du Potala
Quoi de mieux pour entrer dans le vif du sujet en arrivant à Lhassa que la visite du Potala ? Ce palais, célèbre dans le monde entier pour ses bâtiments blanc, rouge et jaune et sa position dominante au-dessus de la ville, nous a fait forte impression dès notre premier jour d’excursion (rien qu’à regarder la volée d’escaliers à monter à 3700 mètres d’altitude, vous êtes déjà fatigués). À lui seul, il résume déjà bien l’histoire du bouddhisme tibétain et nous vous mettons au défi de pouvoir retenir tous les noms des différents personnages historiques et des représentations de Bouddha dont votre guide vous parlera lors de la visite. Vous serez sans aucun doute impressionné par la beauté de l’architecture, tant à l’extérieur avec les couleurs franches des fenêtres et des toits, que les peintures des fresques intérieures et la complexité des sculptures. Mais vous serez aussi immanquablement pris au nez et à la gorge par la forte odeur des bougies au ghee (beurre clarifié) mêlée à celle de l’encens, qui brûlent tous les deux dans les grands vases au centre des chapelles.

Notre activité préférée durant la visite du palais fut de chercher où se trouvaient les quelques moines habitant encore dans les lieux. Souvent, ces derniers sont discrètement présents dans un coin de la pièce, se consacrant à diverses tâches : certains lisent les écritures saintes, un verre de thé sur la table ; d’autres prient en faisant tourner leur long chapelet ; d’autres s’occupent de nettoyer les grands bougeoirs ; d’autres encore tiennent la caisse des donations, avec un chat ronronnant sur les genoux…

3. Assister aux débats philosophiques de Séra
Réputé comme lieu d’apprentissage scientifique, le monastère de Séra abrite de nombreux moines venus étudier dans les différents collèges. De 15 heures à 17 heures en semaine, on peut assister à de célèbres joutes oratoires durant lesquelles les moines s’entraînent à débattre de l’enseignement de Bouddha et de la philosophie bouddhiste. En longeant les murs de la cour où sont regroupés les moines, on entend déjà l’ambiance battre son plein avec un mélange de bruits de claquements de main et de voix fortes. Une fois dans la cour, vous tombez sur une soixantaine d’hommes en robe rouge en pleine agitation, au milieu d’arbres laissant s’envoler des centaines de petits pétales de fleurs.

Les rôles semblent être distribués dans chaque petit groupe : une partie demeure assise sur des nattes, à observer leurs adversaires debout faisant de grands gestes. Le but de ce jeu verbal est de poser une question à son interlocuteur et selon la réponse donnée, on claque dans les mains d’une manière bien précise pour indiquer si le propos est recevable ou non. Soyons honnêtes, nous n’avons jamais su vraiment distinguer la réponse vraie de la fausse mais nous passerons un moment à nous régaler des mimiques tantôt agressives, tantôt joviales, tantôt impassibles des jeunes disciples.

4. Faire le tour du temple Jokhang
Dans chaque monastère, vous trouverez des moulins de prière que font tourner pieusement les passants. Mais si vous voulez vraiment ressentir la ferveur du peuple tibétain, faites une fois le tour du temple Jokhang, situé au centre de Lhassa. À toute heure du jour et de la nuit, des centaines de pèlerins viennent démontrer leur foi soit en se prosternant devant le temple en continu (et quand on dit se prosterner, ce n’est pas la petite génuflexion, c’est le corps tout entier face contre terre), soit en faisant plusieurs fois le tour du temple avec des moulins de prière, soit en combinant prosternation et marche. Le spectacle devient d’autant plus étonnant lorsqu’on voit les très jeunes générations (les rondes commençant dès 3 ans) imiter les plus vieilles avec un peu trop d’entrain. Le parvis du temple et la rue circulaire de Barkhor résonnent alors au son des litanies des pèlerins, et l’on est comme attiré par ce tourbillon de prières qui tourne toujours dans le sens des aiguilles d’une montre.

5. Goûter la cuisine tibétaine
Vous ne repartirez pas du Tibet sans avoir testé au moins une fois le thé au beurre de yack salé, celui que prennent les moines au petit-déjeuner ! Certains aiment, d’autres font l’impasse et se tournent plutôt vers la version sucrée. Pour nous, les avis divergeaient dans le couple : madame trouvait que cette boisson avait un goût de beurre rance, de viande forte, et loin derrière de thé, complètement masqué par le sel, tandis que monsieur n’hésitait pas à se resservir.

Côté nourriture, beaucoup de plats sont à base de viande de yack, élément essentiel dans la culture tibétaine. Si vous n’aimez pas le goût un peu prononcé de la viande, vous pouvez toujours trouver des variantes autour de l’agneau ou du bœuf. Il y a bien sûr les incontournables « Momo », sortes de raviolis vapeur locaux, qui peuvent être fourrés de différents ingrédients (dont la viande de yack), très bons en entrée par exemple. Enfin, si vous aimez les abats, vous aurez de quoi faire : en Chine, tout se mange !

6. Approcher le sommet de l’Everest
En sortant de Lhassa et ses alentours, vous aurez l’occasion de voir des paysages très différents. La route pour aller au premier camp de base de l’Everest est assez longue, et vous réaliserez que le Tibet est avant tout une région vide, faite de grandes terres arides où il ne pousse pas grand-chose et idéales pour laisser gambader en liberté des troupeaux de yacks. La dernière partie du trajet vous fera emprunter une route caillouteuse au milieu d’un désert de pierres orangées, digne de la planète Mars. En général, les groupes de touristes arrivent en fin de journée pour passer la nuit dans les tentes du camp de base (tout à fait confortables). Si la météo est clémente, vous pourrez admirer les premières étoiles dans le ciel, tout autour du mont Everest (si vous ne craignez pas trop le froid). Le panorama est à couper le souffle. Le lendemain matin, si vous n’avez pas de souci avec le mal de l’altitude, poussez jusqu’au second camp pour profiter de la vue au pied du sommet, et sur le chemin du retour, n’oubliez pas de vous arrêter au monastère de Rongbuk, le plus haut du monde !

7. Grimper les étages du Kumbum
Dans la ville de Gyantsé que l’on traverse pour aller voir l’Everest se trouve le monastère de Palcho. Le monastère en lui-même rappelle ceux vus à Lhassa, mais il possède un immense stupa blanc situé dans l’une des cours adjacentes. Ces grandes sculptures blanches ou en pierre, souvent ornées du regard pénétrant de Bouddha, sont fréquentes au Népal par exemple. Mais jamais nous n’en avions vu d’aussi grand. Et pour cause, le Kumbum qui se dresse ici fait plus de 35 mètres de haut (autrement dit, c’est le plus grand stupa du Tibet) et comme son nom l’indique, il contient « 100 000 images saintes » à l’intérieur de ses 77 chapelles. Si vous avez un peu de souffle, n’hésitez pas à gravir les 9 étages, sans manquer de voir au centre la grande statue de Bouddha, faisant écho aux autres représentations bouddhistes peintes sur les murs des petites chapelles. La vue au sommet est époustouflante et l’on distingue au loin une ville fortifiée désormais abandonnée.

8. Admirer le crépuscule au lac Namtso
S’il vous reste un peu de temps avant de quitter le Tibet, prolongez votre visite de deux jours par une excursion au lac Namtso, l’un des lacs sacrés de la région. En entrant dans le parc de la réserve, vous aurez l’impression d’arriver au pays des nomades. La plupart des habitants vivent autour du lac dans de grandes tentes noires, avec leurs troupeaux de yacks et vous croiserez sans doute des hommes ou des femmes à cheval, gardant leur bétail. Le camp de base est situé au bord de Namtso, à proximité d’une colline surplombant les alentours. Après avoir fait un tour sur la plage bordant le lac et admiré ses eaux cristallines, équipez-vous contre le froid (on est à plus de 4700 mètres d’altitude) et prenez le temps de faire l’ascension de cette colline qui vous offrira un superbe panorama pour le crépuscule. Tout le long du sentier, vous trouverez des drapeaux de prière de couleur balayés par les bourrasques de vent. Une fois au sommet, on peut alors observer la glace qui ourle la rive se déplacer progressivement sur cet immense miroir, tandis que disparaissent à l’horizon les montagnes baignées de brume. Pensez à prendre une lampe torche pour le retour, car le chemin est difficile à retrouver dans la nuit. Pour les plus courageux, l’opération peut être renouvelée à l’aube…