L’impact du tourisme en Méditerranée

L’impact du tourisme en Méditerranée

9 mois de voyage en solitaire, 22 000 km parcourus, 16 pays traversés, 9 thématiques étudiées. C’est le projet fou de Gildas qui a foulé la région Méditerranée en 2015 pour étudier les impacts du tourisme à travers des thématiques telles que l’urbanisme, l’environnement, la culture, ou encore l’économie, la prostitution et la religion.

Armé de son matériel vidéo et d’une bonne dose d’optimisme, Gildas, grâce à sa web série “Tourismes de la Méditeranée “, nous aide à comprendre les conséquences de notre manière de voyager. Retour, avec le principal intéressé, sur cette belle aventure dont nous avons beaucoup à apprendre.

Qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer dans ce projet ?

Le projet est né alors que je faisais encore mes études d’Économie au Mexique. Lors de mes nombreux treks à travers le pays, j’observais ce que j’apprenais en cours sur la pauvreté, l’accès à l’eau, l’obésité, l’urbanisme, les trafics, etc. J’ai voulu aller plus loin en prenant une année après mes études pour approfondir ces thématiques sur le terrain. J’ai choisi le tourisme comme fil conducteur pour les étudier, car c’est un secteur qui a des répercussions sur tout le reste de l’économie. Pour la zone géographique, j’ai simplement constaté sur internet que la région la plus touristique au monde, c’est la Méditerranée. J’ai ensuite déterminé mes thèmes de recherche (pauvreté, les religions, la place de la femme, etc.) selon les pays que j’allais visiter, et c’était parti !

A chaque épisode, tu nous fais part des impacts négatifs et positifs du tourisme sur les problématiques étudiées. Au niveau local, comment les habitants vivent ces impacts ?

Globalement, les professionnels du tourisme étaient prêts à recevoir encore plus de touristes pour pouvoir mieux vivre de leur activité. Mais ils restent cependant conscients des impacts à grande échelle, et sont donc tiraillés entre les aspects positifs et négatifs du tourisme. Les habitants, eux, voyaient davantage le côté extrêmement négatif et même reprochable du tourisme. Certains se plaignaient que pendant la saison touristique, tous les parkings et les toilettes publics devenaient payants et que les prix augmentaient d’une manière générale. A l’inverse, dans certains pays, comme en Slovénie, ils ont conscience des impacts négatifs que cela peut avoir sur leur territoire, et proposent un tourisme plus intelligent. Ils n’ouvrent pas les portes à un nombre trop important de tour opérateurs, et ne s’évertuent pas à brader les prix.

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Quel comportement peut-on adopter en tant que touriste pour trouver le bon équilibre entre favoriser l’économie du pays et préserver sa culture ?

C’est grâce à plusieurs initiatives regroupées que l’on peut voyager plus responsable. Il y a des activités qui sont moins recommandables que d’autres. La croisière par exemple. En plus de créer de la pollution visuelle, elle favorise le tourisme de masse en faisant débarquer tant de personnes dans un même endroit. Il y a aussi une responsabilisation à avoir quand à nos envies sur place. Quand le touriste va en vacances, il a tendance à vouloir s’affranchir de ses propres codes, et il est prêt à faire des choses qu’il ne ferait pas chez lui. On peut évidemment se faire plaisir, mais en tentant d’être plus responsable au regard de la culture locale.

Il faut s’inspirer aussi des jeunes, car leur manière de voyager est différente. Ce qu’ils recherchent globalement, c’est l’authenticité, l’immersion. Sortir du tourisme de masse, notamment en logeant chez l’habitant. Cela peut avoir un côté négatif, puisque ça engendre moins de revenus pour les hôtels, mais d’un autre côté, ça évite constructions de logements supplémentaires. On est davantage amené à comprendre l’autre, à respecter sa culture et c’est vraiment plus vertueux qu’un tourisme trop organisé et trop massif.

Tu nous apprends qu’à Venise il y a 1 habitant pour 107 touristes. Dans ces situations, est-il encore possible de voyager tout en respectant la culture locale et l’authenticité du lieu ?

Cela se joue en partie au niveau local. Par exemple pour la ville de Barcelone, les habitants se sont plaints à la mairie, car ils ne voulaient pas qu’elle devienne comme Venise, une « ville musée ». Ils sont obligés de s’installer en périphérie à cause de la hausse du prix des loyers et de la construction d’un nombre important d’hôtels et d’auberges de jeunesses. Dans le cas de Venise, je pense que l’on peut toujours profiter de la ville, mais pour cela il faut éviter les zones trop touristiques, sortir des sentiers battus.

À partir du moment où les locaux savent que les touristes sont en attente de dépaysement, ils vont jouer la carte de l’exotisme pour essayer de les satisfaire. Beaucoup vont construire par exemple une boutique avec des masques vénitiens, même s’ils ne sont pas authentiques.

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Tu as étudié l’impact du tourisme sur la religion et la paix en Israël et Palestine. Les touristes étaient-ils respectueux des différentes religions auxquelles ils étaient confrontés à Jérusalem ?

L’ambiance était vraiment particulière parce que j’y étais pendant la troisième intifada, soit une hausse sensible des tensions entre israéliens et palestiniens. Le climat là-bas était tendu mais j’ai été agréablement surpris. Je n’ai pas pu parler avec des pratiquants de chaque religion, mais les personnes présentes, qui pratiquaient du tourisme religieux, étaient extrêmement ouvertes d’esprit et avaient envie de découvrir d’autres croyances. Tous les groupes que j’ai interrogé avaient des discours de paix, ils étaient ouverts au dialogue. C’est une ouverture vers l’autre que j’ai trouvé très intéressante.

Comment le tourisme peut-il favoriser la paix ?

Prenons, par exemple, un touriste qui part en Thaïlande pendant les vacances. S’il rencontre des locaux, ça va être un choc culturel pour lui et engendrer une ouverture, un dialogue avec l’autre. Ça favorise la paix, l’entente et la compréhension. Ainsi, on comprend mieux les problèmes de l’autre, comment il vit, comment il pense, etc. La confrontation des personnes, ça aide à entretenir la paix et une bonne entente. Il y a peu de secteurs dans le monde qui poussent à ça et c’est ce que je trouve génial avec le tourisme. C’est vrai pour le domaine religieux, mais aussi pour tout le tourisme de manière globale.

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Y a-t-il un enseignement de cette aventure que tu souhaiterais partager avec nos lecteurs ?

Grâce à cette aventure, j’ai pu me rendre compte qu’en pensant en terme de région, et pas seulement en terme de pays, on voyage d’une autre manière. On trouve évidemment des caractéristiques communes, mais chaque région est imprégné d’une culture locale qui lui est propre. C’est particulièrement intéressant si l’on veut retranscrire un projet au long cours sous forme de vidéo par exemple. Cela permet d’avoir une ligne directrice et de ne pas s’éparpiller.

Le voyage en solo est également très intéressant. L’introspection est beaucoup plus forte et, du coup, le voyage plus profond. Mon expérience aurait été complètement différente si je n’avais pas eu à faire les épisodes vidéo, et si je n’avais pas été seul. Cela a été plus dur mais j’ai beaucoup appris.

Voilà les deux meilleurs conseils que je peux donner. Et bien sûr, je souhaite à tout le monde de se donner un coup de pied aux fesses pour vivre ses aventures comme il en a envie. J’aurais vraiment regretté si j’étais passé à côté d’un voyage comme celui-là !

Pour en savoir plus

  • L’aventure « Tourismes de la Méditerranée » est disponible en film de 38 minutes. Pour organiser des projections en partenariat avec Gildas, contactez-le à mediterranee.lefilm@gmail.com
  • Pour retrouver toutes les informations liées au projet, rendez-vous sur www.mediterranee-lefilm.com
  • Rendez-vous sur Youtube pour poursuivre l’aventure avec Mister Geopolitix, chaîne de vulgarisation géopolitique. Gildas y crée du contenu vidéo pour approfondir les thématiques étudiées au cours de son voyage, et pour vous inciter à mieux comprendre le monde.

Crédit photos © Gildas Leprince

 

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