« Autrement l’Asie », un guide pour voyager hors des sentiers battus

« Autrement l’Asie », un guide pour voyager hors des sentiers battus

C’est avec leur diplôme d’école de Commerce et Développement en poche qu’Anne-Maryse, Enora et Perrine, trois amies de longue date, décident de partir à l’aventure sur les routes du continent asiatique. Persuadées qu’une autre forme de tourisme, respectueuse des Hommes et de l’Environnement, est aujourd’hui non seulement possible mais indispensable, elles initient le projet VESTA – Voyage Ethique et Solidaire en Terre Asiatique. Leur but est simple : mettre en lumière des structures touristiques responsables.

Autrement l'Asie, un guide pour voyager autrement
« Autrement l’Asie – à la découverte d’initiatives touristiques écologiques et solidaires », éditions La Belle Terre, 220p, 20€

Après sept mois d’itinérance dans six pays (Inde – Népal – Vietnam – Laos – Cambodge – Indonésie) et près de deux ans de travail, elles nous reviennent avec « Autrement l’Asie » un ouvrage détaillé et captivant, regroupant une soixantaine d’adresses pour partir autrement à la découverte d’une Asie solidaire, accueillante et dynamique.

De la coopérative villageoise à l’ecolodge raffiné, en passant par le centre de protection animalier, ce carnet de voyage retrace le parcours d’entrepreneurs audacieux qui croient en un tourisme plus juste et à dimension humaine.

Ce guide-carnet de voyages est ainsi le résultat d’innombrables rencontres, discussions et annotations prises dans un train indien, pendant de froides soirées d’hiver au Népal, à bord d’une jonque vietnamienne, sous la chaleur tropicale laotienne, à la terrasse d’un restaurant cambodgien ou encore face à l’océan au large de Bali…

Mieux connaître le Vesta Project : interview de Perrine, Anne-Maryse et Enora

Les trois amies ont fondé le Vesta Project afin d'inciter les voyageurs à voyager responsable

Comment l’idée de voyager vous est-elle venue ?

Toutes trois diplômées de l’Ecole Supérieure de Commerce et Développement 3A de Lyon, nous avons été amenées au cours de nos études à réaliser de longs séjours à l’étranger. Toutefois nous nous étions jusqu’à présent davantage orientées vers l’Amérique Latine. Ainsi, une fois notre formation terminée nous avons eu envie de partir ensemble découvrir un continent différent. Mais loin de nous l’envie de voyager pour voyager nous voulions faire de cette expérience un projet enrichissant nous permettant d’affiner nos projets professionnels respectifs. Bien que différentes, nous partageons en effet une grande sensibilité pour les problématiques du développement (environnement, microfinance, tourisme, etc.), c’est pourquoi le tourisme responsable et alternatif nous est apparu comme étant un bon moyen d’aborder une large palette d’initiatives

Pourquoi avoir voulu réaliser un ouvrage après le voyage ?

Durant la phase de planification et d’élaboration du projet nous nous sommes aperçues que notre démarche suscitait beaucoup d’engouement autour de nous. Nous avons alors eu envie de trouver une façon de partager cette expérience à nos proches dans un premier temps, puis pourquoi pas à un plus grand nombre. La publication d’un ouvrage nous a ainsi semblé être un moyen ludique de mettre en lumière les initiatives que nous allions découvrir sur place. De plus, cela représentait un challenge intéressant pour toutes les trois, car bien qu’aimant écrire nous n’avions jamais appréhendé jusqu’à présent le monde de l’édition.

Quel type de structures avez-vous visité sur place ?

Le tourisme dit responsable englobe un grand nombre d’initiatives. De la coopérative villageoise à l’écolodge de luxe en passant par le centre de protection animalier ou le volontourisme*, il existe finalement autant de formes de tourisme durable que de touristes. Et si toutes ces structures ont pour point commun de contribuer à minimiser l’impact des voyageurs en préservant les richesses naturelles, culturelles et sociales de leur région ; il n’en demeure pas moins qu’elles reflètent un large éventail de possibilités.

A la différence du tourisme classique, le tourisme que nous avons étudié sur place nous montre une réalité non édulcorée et trouve sa valeur ajoutée dans un mode de gestion participatif. Le voyageur est donc lui-même placé au cœur de la dynamique, de telle sorte qu’il en revient souvent transformé. Au cours de notre séjour nous avons ainsi constaté qu’une fois sur place, la forme juridique importe finalement peu, c’est avant tout l’impact qui compte.

* Principe selon lequel le voyageur s’engage à consacrer une partie de son temps de vacances à soutenir une ONG dans ses actions.

Les voyages ne doivent pas faire oublier que nous allons chez les gens, et qu'il faut rester respectueux de leur environnement

Quel bilan tirez-vous de cette aventure (les points positifs et négatifs) ?

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette aventure nous aura appris un très grand nombre de leçons, tant personnelles que professionnelles. Pour commencer, nous avons appris à nous connaitre toujours davantage, connaitre nos limites, nos peurs mais aussi nos forces et nos aspirations respectives. Mais surtout, nous avons appris à faire confiance et à lâcher prise ! En effet, contrairement aux idées reçues, l’idée de s’abandonner aux événements ne signifie pas nécessairement renoncer à ses objectifs et envies. Au contraire nous savons désormais qu’il n’y a rien de tel pour apprécier pleinement son voyage que de mettre de côté notre rythme de vie parfois éreintant. La découverte de l’autre et de sa culture n’en est que plus belle… Après quelques impairs, nous avons ainsi vite compris que nos plus beaux souvenirs résidaient finalement dans un savant mélange d’inattendu, d’heures perdues, d’oreilles attentives et peut-être d’une poignée d’euros supplémentaires! Cette recette magique implique de ne pas avoir développé trop d’attentes en amont, un exercice parfois difficile.

Sur un plan plus professionnel cette fois, si nous avons découvert de nombreux projets porteurs d’espoir, nous ne sommes pas devenues utopiques pour autant et réalisons ô combien ces structures sont encore très localisées et ne représentent qu’un grain de sable pour l’industrie touristique. Plus qu’un développement du secteur, nous souhaitons l’intégration des concepts et de la philosophie du tourisme responsable à l’ensemble des acteurs. Ainsi, si les touristes resteront des voyageurs qui partent à la découverte d’autres cultures, ce sont les comportements de tous qui doivent changer. Si toutes les parties prenantes sont concernées, le rôle des agences de voyage est capital. Ces intermédiaires ont une véritable carte à jouer dans la sensibilisation de leurs clients en amont comme sur place. L’éducation et la sensibilisation des générations futures restent également un point clé pour cette évolution, ce sont eux qui seront les voyageurs intelligents de demain. Enfin, nous ne pouvons pas espérer une prise de conscience collective sans l’élaboration de politiques locales en faveur d’un tourisme plus respectueux.

Même si de nombreuses questions subsistent, concernant notamment la viabilité du tourisme responsable à grande échelle, nous restons intimement convaincues qu’une prise de conscience collective est progressivement en marche. Suite aux multiples échanges que nous avons eus sur place nous sommes ainsi rentrées la tête pleine de bonnes idées et d’espoir, mais aussi plus critiques face au rôle que nous avons à jouer. Persuadées qu’il n’existe pas nécessairement de mauvais touristes sinon des voyageurs mal informés, nous espérons que notre travail a pu et continuera de faire changer les mentalités de nos concitoyens. Car pour que ce tourisme conserve une taille humaine et parvienne à un juste équilibre entre confort attendu par les visiteurs et authenticité, il s’agit dans un premier temps de faire comprendre aux voyageurs de demain que la plus-value du tourisme est avant tout humaine.

Alors qu’importe si le chemin est encore long du moment que nous sommes de plus en plus nombreux à le construire… Car s’il y a bien une chose dont nous sommes persuadées c’est que « deux mondes se rencontrent à chaque fois qu’une personne se déplace d’un pays à l’autre. Que l’on soit voyageur, touriste ou explorateur, nous ne sommes toujours qu’un invité […]. Nombreuses sont les façons de voyager, d’appréhender d’autres environnements, mais inévitablement nous laissons des traces sur notre passage : chaleureuses, généreuses, discrètes, dangereuses ou inaltérables… » il ne tient qu’à nous de décider de leur nature (citation empruntée à la Charte Ethique du Voyageur, association ATR).

Quels conseils donneriez-vous aujourd’hui à des personnes souhaitant voyager hors-des-sentiers battus et de façons respectueuses ?

Reprenant brièvement la liste de nos « 10 commandements du voyageur responsable », nous donnerions les conseils suivants :

  • Se faire le plus discret possible en se pliant aux coutumes locales, à commencer par s’habiller de façon descente, éviter les élans trop affectives en public et respecter les lieux sacrés et traditions (ex : enlever les chaussures et chapeaux avant d’entrer…).
  • Laisser la faune et flore intacte, aussi exotiques soient-elles.
  • Demander systématiquement la permission aux populations avant de les prendre en photo.
  • Apprendre quelques mots dans la langue locale et se montrer souriant en toutes situations (ça aide !).
  • Encourager l’artisanat local et les initiatives de commerce équitable en s’en tenant à des prix décents. Mais aussi privilégier au maximum les agences de voyages locales plutôt que les tour-opérateurs et agences de voyage génériques installés en France (afin que les retombées économiques de votre séjour bénéficient au maximum aux populations locales plutôt que de repartir dans des agences du Nord).
  • Ne pas encourager la mendicité en distribuant toutes sortes de dons (surtout aux enfants), mais préférer les confier à des associations, maitres d’écoles ou autres personnes de confiance capable de répartir les biens à bon escient.
  • Privilégier les moyens de transports les moins polluants et ramener autant que possible vos déchets en Europe, car n’oublions pas que de nombreux pays ne disposent toujours pas de filières de traitement et recyclage des emballages (plastique, piles et batteries notamment).
  • Mais surtout, arrêter d’incarner le cliché du râleur français mais rester au contraire ouvert à l’imprévu, aux rencontres et aux « mésaventure » qui font elles aussi parties du voyage. ☺

Où peut-on se procurer votre guide-carnet de voyage ?

Notre ouvrage « Autrement l’Asie » est désormais disponible dans plusieurs librairies sur Lyon (Raconte-moi la Terre), Paris (Transboréal) et Perpignan (Cajelice). Mais le moyen le plus simple de se le procurer consiste à le commander directement sur notre site internet www.vesta-project.com en remplissant le formulaire en ligne dans l’onglet « Le Guide » pour une livraison à domicile.

Comment peut-on vous contacter pour plus de détails sur votre expérience ou votre ouvrage ?

Vous pouvez nous écrire à tout moment via notre site internet ou par mail a contact@vesta-project.com. De même, nous possédons une page Facebook « VESTA Project » sur laquelle nous publions régulièrement des informations et conseils pour voyager différemment. Enfin, nous restons disponible pour toute rencontre ou organisation d’événement, tant en Rhône-Alpes que sur Paris (et pourquoi pas même au Guatemala où vis en ce moment Perrine) !

le guide Autrement l'Asie initie au voyage responsable et solidaire

Que l’on soit voyageur, touriste ou explorateur, nous ne sommes toujours qu’un invité… alors à bon entendeur et surtout bonne lecture !

 

Quelques experts de l’Asie qui partagent la vision de Vesta Project

 

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