Mer de Ross : le dernier océan de la planète

Mer de Ross : le dernier océan de la planète

Une vaste aire maritime protégée (AMP) vient d’être créée par une commission internationale dans la Mer de Ross. La baie, qui jouxte le continent Antarctique, est connue pour être l’une des dernières zones sauvages restées intactes sur la planète.

Réunie cette année à Hobart en Australie, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore maritimes de l’Antarctique (CCAMLR), au terme de deux semaines de discussions (comme chaque année depuis 2012), a annoncé ce vendredi 28 octobre 2016 la création d’une très vaste aire maritime protégée (AMP) dans la Mer de Ross.

Proposée par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, elle couvre 1,57 million de kilomètres carrés (l’équivalent de la surface de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne) dont 1,12 million totalement protégés, où tout prélèvement, la pêche notamment, sera interdit. Elle devient ainsi le plus grand sanctuaire marin du monde. Un bémol cependant, cette AMP a une durée limitée fixée à 35 ans.

Comment mettre en application cette interdiction

« Dernier océan de la planète », c’est ainsi qu’est qualifiée la mer de Ross par la plupart des naturalistes pour l’exceptionnelle préservation de sa biodiversité. Jusqu’à présent, son climat peu flatteur n’attirait pas les touristes, seuls les pécheurs se risquaient dans ces eaux froides, laissant les colonies de manchots empereurs, Adélie, les rorquals et autres espèces endémiques, vivre en toute quiétude.

Localisation de la mer de Ross en Antartique

La réalité n’est plus aussi idyllique. Plus de 200 espèces non endémiques sont apparues au fil des ans dans les eaux de l’océan (graines et plantes) du fait d’une présence humaine de plus en plus importante, les manchots empereurs commencent à présenter des traces de PCB dans leur organisme et plusieurs espèces de manchots sont classées comme quasi menacées, dont les emblématiques manchots Adélie. Principale source de convoitise dans ces eaux, et l’une des raisons de la mise en place d’une zone protégée : le krill est particulièrement menacé. Ces minuscules crevettes, source principale de nourriture de nombreuses espèces comme les manchots ou les baleines, est victime d’une pêche intensive orchestrée par les pays dit développés.

Un espoir cependant pour les nombreuses ONG de défense de la nature qui suivent les avancées de la CCAMLR de près depuis sa création en 1982 : les états membres sont également ceux qui envoient leurs chaluts dans les eaux froides de l’Antarctique. Ce qui laisse à penser que la prise de conscience écologique qui semble s’opérer est effective et que les interdictions de pénétrer dans ces eaux seront respectées.

La mer de Ross ne serait qu’un début

La CCAMLR a été créée pour surveiller les zones de pêches mais également plus globalement veiller à la sauvegarde des écosystèmes marins de l’Antarctique. Ainsi, d’autres projets sont en dormance : la France et l’Australie demandent depuis plusieurs années une vaste AMP dans l’est de l’Antarctique, tandis que l’Allemagne et les Etats-Unis en défendent une en mer de Weddell.

Bébé manchot dans la mer de Ross en Antartique

En septembre de cette année, Moscou (qui entre en 2017 dans l’ « année de l’écologie en Russie », selon ses propres termes), a signé aux côtés de 62 autres pays une résolution visant à protéger au moins « 30 % des océans afin d’inverser les effets néfastes actuels et d’accroître la résilience du milieu marin face au changement climatique ». Pour la partie des eaux sous juridiction française, Ségolène Royale, ministre de l’Environnement, souhaite établir rapidement une AMP autour des îles Kerguelen, Crozet, Saint-Paul et Amsterdam, ce qui représente 581 000 km2, dont 120 000 seraient en protection renforcée.

Un projet qui devrait trouver sa concrétisation facilement, n’étant pas aux prises de négociations géopolitiques complexes comme cela a été le cas en Mer de Ross où chinois et russes ont été âpres à la négociation. Ces derniers ont cependant été ceux qui ont fait pencher la balance dans le bon sens, la commission a ainsi pu lancer un message véritablement positif en faveur de la préservation de la planète. À surveiller évidemment, et surtout à multiplier !

 

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