L’auberge de Meo Vac Mountain Lodge au Vietnam

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La légende de la vallée de Meo Vac au Vietnam

A la fin du XIXème siècle, le chef tribal Hmong Dương Tu Nghia ne cachait pas sa volonté d’étendre son autorité sur l’ensemble du haut plateau. Se faisant appeler “Roi Hmong”, il affirma sa puissance en montrant sa capacité à répondre aux besoins de la population en développant économiquement son territoire.

Selon la légende, il fit venir de Chine un géomancien pour déterminer l’emplacement d’un réservoir capable d’assurer une continuité d’approvisionnement en eau de la vallée karstique de MeoVac, sujette à une pénurie drastique de novembre à avril. Malgré l’absence de source, le réservoir était empli d’eau toute l’année, cela grâce au captage habile des eaux de pluies. A proximité du réservoir, il se fit ériger un fortin de pierre de taille et de bois précieux en louant les services d’ouvriers du district de VânSơn, dans la province chinoise limitrophe du Yunnan.

La renommée et l’œuvre du père, initiateur des réservoirs capteurs d’eau de pluie du haut plateau karstique, furent renforcées par son fils: Dương Trung Nhân. Toutefois, les volontés hégémoniques des Dương se heurtèrent à la puissance du potentat voisin, le chef tribal Hmong Vương Chính Đức. Sa puissance se fondait sur le quasi monopole de la collecte d’opium du haut plateau.

La concurrence entre les deux lignages provoqua de nombreux conflits qui dégénérèrent parfois jusqu’à l’usage des armes. Progressivement, la renommée du Roi Hmong de MeoVac s’éclipsa. En 1953 Dương Trung Nhân dut abriter sa famille à Hanoi puis s’exila finalement dans l’état du Minnesota aux Etats-Unis où il mourut en 1984 à l’âge de 82 ans.

Chronique descriptive de l’auberge Meo Vac

L’Edifice, une maison ancestrale de notable Hmong, fut construit dans les années trente, sous la domination française au Tonkin. Conformément au modèle architectural de l’habitat cossu des Han du Sud de la Chine, la bâtisse, véritable ferme fortifiée, comportait originellement un agrégat de quatre bâtiments. Ceux-ci, joints par leur toiture, formaient un quadrilatère autour d’un atrium en pierre de taille, réceptacle des eaux de pluie. En novembre 2011, ne subsistait plus que l’édifice principal, le patio et le portique en pierre de taille. Cet édifice, construit en pisé – mur de 80cm en terre battue –, comportait en son sein une structure bois sur pilotis supportant un étage et la charpente. L’agencement intérieur se divisant, conformément à l’habitat Hmong traditionnel, en trois travées, cloisonnées Thông Dà, bois estimé du Haut plateau.

Un projet de conservation du patrimoine architecural

Durant les travaux de restauration, nous avons privilégié la conservation de l’agencement intérieur originel en trois travées, soit deux chambres et un espace collectif pour chaque niveau. À partir des fondations mises à jour sur la gauche de la cour, nous avons par ailleurs reconstruit, sur le même modèle que l’édifice ancien (pisé et charpente en bois sur pilotis), un bâtiment de deux étages, ouvert sur la cour à sa base et abritant un dortoir et une terrasse à l’étage.

La conservation de l’architecture initiale du bâtiment, cloisonnements et ouvertures sur l’extérieur, permet de baigner les visiteurs dans l’atmosphère d’un intérieur Hmong ancestral. Ce parti pris induit l’agencement des quatre chambres actuelles. Il explique aussi le choix d’installer les sanitaires à l’extérieur : deux toilettes et quatre douches.

Article proposé par : Motaïba

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